La vengeance du chevalier sans tête 
 
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Chevalier sans tête 

ca. 1562. Calcaire sculpté. Auteur inconnu.
69 x 44.5 x 39 cm.

 

Un buste, une tête tranchée, une devise vengeresse et surtout un mystère entier : qui est ce personnage, quels sont l’origine et l’usage de cette sculpture ?

Taillée en ronde-bosse, elle représente le buste d’un homme revêtu d’une cuirasse et portant de ses deux mains sa tête décharnée détachée du tronc, où les traces de décollation sont encore légèrement visibles…Le personnage représenté est avec certitude un chevalier car la décapitation était un sort réservé aux nobles, alors que les paysans étaient pendus !

Le socle mentionne une inscription accentuant le contexte mystérieux de la réalisation de cette pierre : « Une heur viendra quy tout paiera ». Une promesse de vengeance « signée » par  un nœud d’amour unissant les initiales N et P, suggérant qu’une épouse ou une fiancée en commanda la réalisation afin de graver dans la pierre la mémoire de ce drame sanglant.

Inscrite en-dessous, la date « 1562 » pourrait indiquer que le Chevalier sans tête serait une victime  des persécutions menées dans nos régions par le duc d’Albe à cette époque. Conservée auprès d’autres tombes dans la chapelle de Saint-Servais, renversée par le fanatisme des Républicains français en 1789, cette sculpture énigmatique attira l’attention du sacristain de l’église voisine de la Sainte-Croix. Il la transporta dans son jardin et l’intégra dans un mur de soutien avant de la céder à la Société archéologique de Namur en 1849.

Rendez-vous :
TreM.a, escalier, collections permanentes.

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