MaiwennUN COUP DE POUCE VENU DE PARIS 

 

 

 

Le rêve de tout gestionnaire de collections, disposer d’un inventaire complet et actualisé, demande du temps, de la volonté, de la rigueur et parfois un coup de pouce providentiel. Stagiaire originaire de la Sorbonne, Maiwenn Barrial a permis de finaliser l’inventaire du lapidaire du Musée archéologique.

Étudiante en 4e année de Master en patrimoine culturel à la Sorbonne (Paris I), Maiwenn multiplie les expériences dans cette filière professionnalisante différente de l’histoire de l’art. « J’ai choisi cette orientation pour son côté plus généraliste, les débouchés peuvent être multiples entre le terrain et le travail en musée par exemple. Cette année, j’ai souhaité effectuer un stage en Belgique où j’avais des connaissances et après avoir postulé au Musée archéologique, ça a été très vite.» Le sujet de son premier Mémoire, les vestiges lapidaires de maisons médiévales de Reims, a intéressé Jean-Louis Antoine, le directeur du Musée archéologique, qui lui a proposé de finaliser l’inventaire des centaines de pierres bleues calcaires* entreposées à Champion.

 
De l’esquisse à la réalité
« Je suis partie du premier inventaire partiel (effectué après le déménagement par le personnel SAN et quelques bénévoles) en vérifiant, corrigeant parfois, et complétant les informations. J’ai pu inventorier 200 pièces supplémentaires par rapport aux 500 déjà répertoriées. Il reste des inconnues sur le type de pierres pour cinq pièces, mais la toute grande majorité est connue. En parcourant l’ouvrage consacré aux dessins de Henry Bodart (« Visages anciens de Namur »), j’ai pu établir des concordances (cfr photos) entre les pierres représentées par Henry Bodart et les pièces des collections du Musée. Cela concerne des encadrements de porte ou de cheminée, des façades, des enseignes… » Ces concordances détaillées dans l’inventaire permettent d’imaginer de futurs développements.

 
Un stage qui a porté ses fruits
Cet inventaire finalisé représente un bénéfice à la fois pour le Musée et sa stagiaire, il permet également d’imaginer de futurs projets. « Mon mémoire et ce stage m’ont permis de réaliser que je m’intéressais plus aux vestiges qu’aux tableaux par exemple et cela m’a donné des idées comme l’écriture d’un article sur les liens entre ce lapidaire et les dessins d’Henry Bodart ou la participation à la conception d’une exposition sur ce thème. Il y a des pièces très intéressantes dans cette collection et je pense que certaines pourraient être exposées de manière permanente dans le nouveau musée. »

Outre l’initiative de ces concordances, la découverte de beaux éléments d’architecture, sans oublier l’utilisation d’un transpalette, les bénéfices du stage en Belgique sont multiples pour Maiwenn comme la découverte du nouveau Mémorial de la bataille de Waterloo ainsi que l’importance du concept de patrimoine immatériel, plus présent dans notre pays qu’en France. Dès le mois de septembre, dernière année de son Master, Maiwenn aura l’opportunité de suivre deux nouveaux stages, dont un de 6 mois qu’elle a choisi de réaliser dans le domaine de la muséographie, ce qui lui ouvrira certainement de nouvelles portes. La SAN et le musée archéologique lui souhaitent déjà beaucoup de succès dans ses futures démarches et la remercient pour le coup de pouce providentiel qu’elle a apporté à l’inventaire de ce lapidaire.

 

*700 pierres calcaires à Champion
En prévision de la transformation de la Halle al’Chair, les quelques milliers de tonnes de pierre bleue calcaire entreposées dans les caves du Musée archéologique ont été déménagées en 2016 par La Ville de Namur qui a également installé des étagères industrielles dans ses bâtiments de Champion pour les conserver.  La collection de plus de 700 items appartient en grande partie à la SAN, elle comprend essentiellement des éléments d’architecture intérieure et extérieure, des enseignes et des pierres tombales. Ce fonds remarquable présente un panorama de l’utilisation de la pierre calcaire à Namur depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, avec une proportion plus importante pour les 18 et 19e siècles.

 

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