salle expo guideAoût 2019
DES JOYAUX A (RE-)DECOUVRIR D'URGENCE !
La collection de dinanderies mosanes de la Société archéologique de Namur
 

Le TreM.a – Musée des Arts anciens est en pleine mutation. Sa nouvelle muséographie va mieux mettre en lumière nombre de ses trésors pour le plus grand intérêt de ses visiteurs. Mais elle va aussi reléguer dans l’ombre des réserves certaines pièces admirables de notre patrimoine. Il ne vous reste ainsi que jusqu’au 26 août pour admirer la superbe collection de dinanderies mosanes.

Depuis son ouverture en avril 1964, le Musée des Arts anciens du Namurois consacrait l’une de ses salles à l’un des fleurons de l’industrie mosane : la dinanderie. Rassemblées par la Société archéologique de Namur, des pièces de grande importance – dont plusieurs œuvres du dinantais Léonard Dusart – y étaient présentées. Il nous faut en parler au passé car il ne vous reste que quelques jours pour (re-)découvrir cette collection issue de la longue tradition du travail du cuivre. Le TreM.a réaménage en effet ses salles d’exposition dans la perspective de sa rénovation et de son agrandissement.

Nous profitons donc de cette occasion pour vous rappeler le contexte historique de fabrication des œuvres de cette collection significative dont la couleur jaune étincelante n’a eu de cesse d’éblouir nos visiteurs.

A Dinant, mais à Namur aussi !

L’industrie du cuivre prend son essor au 12e siècle en vallée mosane. La ville de Dinant acquiert à cette époque une forme de monopole pour la fabrication et l’exportation de ces produits. Les œuvres de dinanderie coulée ou repoussée assurent la renommée du pays mosan sur les foires internationales, champenoises et parisiennes.

Le secret des dinandiers réside dans la fabrication d’un alliage à la couleur particulière qui rappelle l’or. Cet alliage, le laiton, est une association de cuivre et de zinc additionnés de calamine. Les productions les plus anciennes sont coulées. Puis la technique de mise en œuvre du métal va évoluer vers le battage et le repoussé, au 16e siècle. Aux formes simples et harmonieuses des pièces fondues vont succéder des programmes iconographiques complexes qui s’ouvrent sur des motifs inspirés de la renaissance.

La production dinantaise est sans doute la plus connue. Mais elle n’est pas la seule. En 1466, les troupes de Charles le Téméraire incendient Dinant, ce qui provoque l’exode d’artisans dinandiers vers Bruges, Gand, Malines, Tournai, mais aussi Namur.

Dans cette dernière ville, ce transfert de savoir-faire tombe à pic car l’industrie du drap pour laquelle la cité mosane était jusqu’alors reconnue annonce son déclin. Le comte accueille ces expatriés dans l’espoir de relancer l’économie locale.
Les artisans du cuivre s’installent en Gravière, à proximité de l’hôpital de leur corporation, et en Buley (La Plante).
Il n’est donc pas impossible que certaines des œuvres présentées jusqu’à présent au TreM.a aient été réalisées dans notre cité.

Faire de la place…pour plus de convivialité

Le 26 août, toutes ces pièces au chatoiement remarquable feront l’objet d’un conditionnement spécifique destiné à leur conservation dans les réserves. Elles ne seront pas les seules à quitter les salles du musée. Dans les prochains jours, la Société archéologique va ainsi démonter et mettre à l’abri le meuble de sacristie de l’abbaye de Floreffe, exécuté en 1632 pour l’abbé Roberti, la théothèque gothique de l’église Saint-Laurent de Barvaux-en-Condroz et le bénitier de l’église Saint-Remi de Lavaux-Sainte-Anne.

L’espace rendu disponible aura un double objectif : accueillir les visiteurs du TreM.a au sein d’un espace plus convivial et développer des outils numériques autour des œuvres d’Henri Bles. Ces derniers offriront une invitation au voyage, un périple au sein des tableaux du maître pour partir à la découverte de l’univers de l’artiste.

En attendant, précipitez-vous au TreM.a car nul ne sait encore quand la collection de dinanderie de la Société archéologique de Namur sera à nouveau présentée au public.

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En pratique :

TreM.a
Rue de Fer 24
5000 Namur

Société archéologique de Namur
Tél. 081 84 02 00
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.